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Le derby le plus empoisonné d’Angleterre ? Millwall et West Ham ravivent leur rivalité

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Des dockers aux hooligans, ces ennemis bien connus se préparent pour la 100e rencontre d'une rivalité longue et pleine de fiel.

Gianfranco Zola a tout vu. Une carrière de joueur de 21 ans, comptant près de 700 apparitions, l'a mené dans six clubs différents, à un Championnat d'Europe et à une Coupe du monde.

Il était tout aussi bien voyagé en tant qu’entraîneur. Mais malgré toute cette expérience, rien ne l’avait frappé autant que l’« émeute d’Upton Park » de 2009.

Ce petit Italien, alors âgé de 43 ans, se trouvait ce soir-là sur le banc de West Ham, dirigeant les Hammers alors qu'ils recevaient leur plus féroce rival, Millwall, au deuxième tour de la Coupe de la Ligue.

Des statues ont été recouvertes de planches, les quotas de billets ont été réduits et des policiers anti-émeutes ont été déployés en prévision du court déplacement des Lions de l’autre côté de la Tamise, tant la nature de ce derby des plus infâmes était toxique.

Ces efforts se sont avérés vains. Des affrontements entre supporters ont éclaté à l’extérieur du stade avant le coup d’envoi et ont couvé tout au long du match.

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Émeutes : Upton Park en 2009

Shaun Botterill/Getty Images

Un homme a été poignardé à la poitrine, et s’est ensuite rétabli. Ceux qui se trouvaient à l’intérieur d’Upton Park ont envahi le terrain à deux reprises.

West Ham a gagné 3-1 après prolongation lors d'une journée où le football lui-même était tout à fait secondaire.

« Je n'ai jamais vu quelque chose de pareil », a déclaré Zola après le match. « J'étais complètement choqué. Totalement. Je savais que c'était un match qui comptait beaucoup pour les deux groupes de supporters, mais je ne l'imaginais pas comme ça. Ce n'était pas bon pour le football. »

Moins de six kilomètres séparent les enceintes de West Ham et de Millwall, mais pour des raisons sportives, la rivalité est restée en sommeil depuis 14 ans. Leur dernière rencontre a eu lieu en Championship, la même saison où les Hammers ont été promus dans l'élite.

La décennie et demie qui s'est écoulée entre-temps a vu West Ham devenir champion d'Europe (en quelque sorte) et Millwall passer du temps en troisième division.

Mais les chemins des deux clubs ont convergé une fois de plus, et ce samedi, les vieux rivaux se retrouveront à The Den pour la centième édition du « Dockers Derby ».

La question maintenant est de savoir comment le derby le plus célèbre d’Angleterre se traduira en 2026.

Sur le terrain, ce sera à coup sûr aussi virulent que jamais. Leurs sept confrontations depuis le début du siècle ont donné lieu à 31 cartons jaunes, et seulement quatre se sont terminées avec 22 joueurs encore sur la pelouse.

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Cri de ralliement : Caleb Taylor

Getty

Aucun joueur représentant l’un ou l’autre club n’aura disputé cette rencontre auparavant, mais ils sauront parfaitement que c’est un match où ils pourraient marquer leur héritage.

Il y a aussi un véritable capital sportif en jeu, les deux équipes étant en course pour la promotion. Caleb Taylor, de Millwall, a promis d’« augmenter l’intensité ».

Les Lions n'auront aucun mal à se motiver pour ce derby rare.

La rencontre de la saison dernière contre Crystal Palace, voisin du sud de Londres, a vu le gardien Liam Roberts écopé d’une suspension de six matchs pour avoir porté un coup de pied volant à Jean-Philippe Mateta, un tacle-assaut écœurant qui a laissé le Français nécessiter 25 points de suture.

Dans les tribunes, cependant, la conversation est tout autre. Le hooliganisme et les bagarres qui ont valu à cette affiche sa triste réputation appartiennent, dans l’ensemble, au passé, mais Millwall et ses supporters n’ont pas encore réussi à se débarrasser de leur réputation de fauteurs de troubles en chef du football.

Cela n'a pas été aidé lorsqu'une vidéo est devenue virale cette semaine montrant un supporter de Millwall menaçant le milieu de terrain de West Ham, Tomas Soucek.

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L'entraîneur principal : Nuno Espirito Santo

AP

Des mesures ont été mises en place pour veiller à ce que les troubles soient réduits au minimum. Le contingent de supporters en déplacement de West Ham sera limité à seulement 1 774 supporters, à qui il a été demandé de ne pas porter les couleurs du club.

Une ségrégation stricte maintiendra les supporters séparés dès leur arrivée à la gare de South Bermondsey, qui ne sera ouverte qu'au camp adverse. On espère que le coup d'envoi prévu à 12h30 BST limitera la consommation d'alcool avant le match.

Plans de contrôle de la foule mis à part, cette affiche est une véritable poudrière — 14 ans d’animosité refoulée n’attendant qu’une étincelle.

L’« émeute d’Upton Park » a été qualifiée d’avoir renvoyé le football à son âge des ténèbres. Samedi, à l’heure du déjeuner, les yeux de la nation seront fixés sur The Den pour voir ce que le dernier chapitre de cette rivalité légendaire réserve.

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