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Le football anglais compte déjà le coût du changement climatique.

La réponse habituelle à un match de football reporté est l'agacement ; les supporters se plaignent des billets de train gaspillés, les entraîneurs se plaignent du moment choisi pour le match reprogrammé et tout le monde se plaint de l'inspection du terrain ayant lieu peu de temps après que le bus de l'équipe visiteuse se gare sur le parking.

Une nouvelle étude de Pledgeball soutient que ces reports doivent également être considérés comme un avertissement concernant les conséquences financières du changement climatique. Pour les clubs fonctionnant avec des marges serrées, perdre un match du samedi après-midi à cause d’un terrain détrempé n’est pas simplement un inconvénient. Cela peut signifier une affluence réduite, des stocks gaspillés, une nouvelle série de coûts de personnel et moins d’argent passant par les tourniquets, les bars et la boutique du club.

Le rapport, intitulé *Faire face à l’impact financier du changement climatique sur le football professionnel en Angleterre et au Pays de Galles*, a examiné les six premières divisions du football masculin anglais sur les cinq saisons allant de 2021/22 à 2025/26. Son objectif était d’estimer l’exposition financière minimale créée lorsque des conditions météorologiques extrêmes entraînent le report des matchs du week-end, qui sont ensuite compressés dans le calendrier en milieu de semaine.

Parvenir à un chiffre précis s’est avéré impossible. Il n’existe pas de quantité de pluie fixe qui rendrait chaque terrain impraticable, car le drainage, le sol, l’entretien et les conditions locales varient d’un stade à l’autre. Les clubs ne sont pas non plus tenus de publier des comptes de match suffisamment détaillés, ce qui rend difficile le calcul exact des pertes lorsqu’un match est déplacé.

Au lieu de cela, les chercheurs ont étudié deux ensembles de données connexes : les annulations enregistrées liées aux conditions météorologiques et la différence entre les fréquentations du week-end et celles en milieu de semaine.

Sur les cinq saisons, ils ont identifié 118 matchs reportés en raison des conditions météorologiques. Ce nombre est passé de neuf en 2021/22 à 31 en 2025/26, tandis que 54 des annulations ont concerné les divisions hors championnat professionnel couvertes par la recherche. Seulement deux ont été enregistrés en Premier League.

Même ces chiffres ne suffisent probablement pas à rendre compte de l’ensemble de la situation. Il n’existe pas de base de données centrale exhaustive répertoriant la raison de chaque report, et les déclarations deviennent moins cohérentes à mesure que l’étude descend dans la pyramide. Les 118 annulations doivent donc être considérées comme un minimum plutôt que comme un total définitif.

L’écart entre les divisions n’a rien de surprenant. Les pelouses de Premier League bénéficient d’un drainage avancé, de chauffage du sol, d’un personnel d’entretien à temps plein et de budgets de maintenance inaccessibles aux clubs des divisions inférieures. Au sommet du jeu, les stades sont conçus pour affronter l’hiver anglais. Ailleurs, une semaine de fortes pluies peut encore transformer un calendrier de matchs en fiction optimiste.

La deuxième partie de l’étude s’est intéressée aux affluences pour chaque match disputé par 63 clubs répartis dans les six divisions. Les matchs joués lors des jours fériés ont été exclus, les vendredis étant classés comme faisant partie du week-end et les lundis comptés comme étant en semaine. Les chercheurs ont ensuite comparé l’affluence moyenne de chaque club en semaine avec sa moyenne de spectateurs le week-end.

Les affluences en milieu de semaine sur l'ensemble de l'échantillon représentaient 84 % des assistances du week-end. En Championship, ce chiffre était de 89 %. Il tombait à 76 % en League One et à 74 % en League Two.

Cela ne signifie pas qu'il a été prouvé que le changement climatique réduit de 26 % les affluences en League Two. L'analyse des présences incluait chaque match en milieu de semaine, et non uniquement les rencontres reprogrammées après un report lié aux conditions météorologiques. L'étude ne tient pas compte de l'adversaire, de la sélection télévisée, de la position au classement ni d'autres facteurs pouvant influencer la demande.

Ce qu’elle offre, c’est une mesure du risque. Un club contraint d’échanger un créneau du samedi après-midi contre une soirée du mardi sait qu’il déplace un match vers un moment de la semaine qui attire habituellement moins de monde. Le coup financier peut commencer par les recettes de billetterie, mais il ne s’arrête pas là.

Des foules moins nombreuses achètent moins de pintes, de tourtes, de programmes, d'écharpes et de forfaits d'hospitalité. Un report peut également laisser les clubs supporter les coûts des denrées périssables, de la sécurité, du personnel temporaire et de la préparation du jour de match avant même d'avoir organisé la rencontre une seconde fois. Il peut y avoir des frais de pompage et de réparation après une inondation, des besoins accrus en eau lors de fortes chaleurs et, à plus long terme, des primes d'assurance plus élevées.

Ces pressions deviennent plus sérieuses à mesure que l'on descend dans la pyramide. Les clubs de Premier League peuvent absorber un calendrier perturbé de temps à autre et rester soutenus par d'énormes revenus de diffusion et de sponsoring. Les clubs hors championnat dépendent beaucoup plus de ce qu'ils gagnent lorsque les gens franchissent les portes. Leur écart de fréquentation en semaine peut être plus faible que ceux enregistrés en League One et en League Two, mais l'argent perdu peut avoir plus d'importance.

Le problème ne se limite pas aux hivers détrempés. Les inondations, les sécheresses et les chaleurs extrêmes peuvent toutes rendre les terrains dangereux ou inutilisables. Le Met Office prévoit que les hivers britanniques deviendront plus chauds et plus humides, avec des précipitations hivernales pouvant augmenter de près de 30 % d'ici 2070 dans un scénario à fortes émissions. Les étés, quant à eux, devraient devenir plus chauds et plus secs, laissant le football tenter de se préparer simultanément à trop d'eau et à pas assez d'eau.

Le briefing souligne également des recherches du ministère de la Culture, des Médias et du Sport qui estimaient l'impact financier annuel des conditions météorologiques défavorables et extrêmes sur le sport de base à un peu moins de 320 millions de livres sterling. On ne peut pas tout attribuer au changement climatique, car le mauvais temps coûtait déjà cher bien avant que les températures mondiales ne commencent à battre des records. L'étude gouvernementale a néanmoins projeté que le coût annuel pourrait augmenter d'environ 95 millions de livres sterling avec un réchauffement de 2 °C et de 190 millions de livres sterling avec un réchauffement de 4 °C.

Pledgeball souhaite que le régulateur indépendant du football commande une enquête complète sur les risques climatiques dans le football professionnel. Ils soutiennent également que la durabilité environnementale devrait faire partie des exigences de licence des clubs de l’IFR et que le financement devrait être lié à des mesures aidant les clubs à s’adapter.

Le football anglais a passé des années à débattre de la viabilité financière comme si elle commençait et se terminait avec les masses salariales, le financement des propriétaires et les parachutes dorés. Ces questions sont importantes, mais un club ne peut pas organiser un match sur une pelouse impraticable. Si les conditions météorologiques extrêmes continuent d’annuler davantage de rencontres, le coût sera ressenti le plus durement par ceux qui sont le moins équipés pour y faire face.

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