La raison insolite pour laquelle Anfield ne sera pas utilisé pour l'Euro 2028
Lorsque l'UEFA a annoncé les stades hôtes de l'Euro 2028, beaucoup pensaient qu'Anfield, le stade de Liverpool, en ferait partie. Son histoire, son ambiance bruyante et son prestige mondial en font l'une des enceintes les plus reconnaissables du football. Pourtant, malgré sa stature, Anfield n'accueillera pas un seul match pendant le tournoi – et la raison se trouve sous les pieds de ceux qui y jouent.
L'Euro 2028, co-organisé par le Royaume-Uni et l'Irlande, mettra en avant certains des stades les plus prestigieux du football britannique. Wembley occupera à nouveau le devant de la scène pour les demi-finales et la finale, tandis que le Principality Stadium de Cardiff a été choisi pour le match d'ouverture. Pourtant, Anfield – un lieu imprégné d'histoire européenne – a été exclu de la liste approuvée par l'UEFA, non par manque d'atmosphère ou de modernisation, mais pour une raison bien plus technique : la taille du terrain.
L'UEFA exige que toutes les enceintes de la compétition disposent de surfaces de jeu mesurant exactement 105 mètres sur 68 mètres. Cette norme garantit l'uniformité pour tous les matchs, répondant aux exigences de diffusion, tactiques et commerciales. Cependant, Anfield est plus court d'environ quatre mètres en longueur. La proximité des tribunes, notamment du célèbre Kop et de la nouvelle tribune Anfield Road agrandie, signifie qu'il n'y a pas d'espace viable pour combler ce déficit.

Le design du stade, malgré toute son intimité et son intensité, est en partie ce qui empêche toute modification. Au fil des décennies, Anfield a évolué dans les limites de sa communauté locale, encadré par des routes et des maisons qui laissent peu de place à des changements structurels. La rénovation de l'Anfield Road s'est concentrée sur l'augmentation de la capacité d'accueil des supporters et l'amélioration des équipements, plutôt que sur la modification de l'empreinte du terrain.
C’est une contrainte qui porte une ironie historique. Pendant l’Euro 1996, Anfield a accueilli plusieurs matchs, dont un mémorable quart de finale entre la France et les Pays-Bas. À l’époque, les règles de l’UEFA concernant les terrains étaient moins rigides. Mais au fil des années, alors que le football s’est mondialisé et standardisé, les instances dirigeantes ont privilégié l’uniformité au détriment du caractère.
Le terrain de Liverpool n'est pas le seul à être écarté. Stamford Bridge ne répond pas non plus aux normes de dimensions de terrain de l'UEFA. Quant à Old Trafford – le plus grand stade de club en Angleterre – il a été exclu pour d'autres raisons, l'UEFA invoquant ses installations obsolètes et l'absence de rénovation récente.
En lieu de cela, les sites sélectionnés en Angleterre incluent Villa Park, le Tottenham Hotspur Stadium, St James' Park, l'Etihad Stadium et le nouveau terrain d'Everton au Hill Dickinson. Avec Belfast, Dublin, Glasgow et Cardiff, ces arènes formeront une vitrine transnationale du football britannique et irlandais.
Pour les supporters de Liverpool, l'omission d'Anfield est une déception, mais ne reflète ni négligence ni manquement administratif. Le stade demeure l'un des plus atmosphériques et vénérés du football mondial, son agencement resserré contribuant à le rendre si redoutable lors des soirées européennes.
Bien qu'il n'accueillera pas de matchs de l'Euro 2028, l'influence d'Anfield se fera toujours sentir. La culture footballistique de la ville, son rôle dans la formation des joueurs de l'équipe d'Angleterre et le palmarès européen continu du club garantissent que son esprit résonnera tout au long du tournoi.
La taille du terrain d'Anfield pouvait l'exclure sur le papier, mais son âme reste incommensurable.