Soulèvement à la FIFA : Infantino fait face à la menace d'être destitué par son plus proche allié, Mattias Grafström
Les pressions s’accentuent sur le président de la FIFA après qu’un projet de plan à 20 milliards de dollars a divisé le football mondial.


Gianni Infantino fait face au plus grand défi de sa présidence de la FIFA après qu’un plan controversé visant à introduire des investissements privés dans la structure commerciale de la Coupe du monde a déclenché une vive réaction dans le monde du football.
La position du président de la FIFA est soumise à un examen minutieux, d'anciens alliés, des instances dirigeantes et des personnalités politiques remettant en question sa capacité à continuer de diriger l'organisation.
La controverse porte sur une proposition signalée visant à créer FIFA Forward Enterprise, une entité commerciale distincte qui superviserait les précieux actifs de la FIFA, y compris les droits de diffusion et de parrainage.
Le plan impliquerait la vente d'une participation de 20 % dans l'entreprise, celle-ci étant valorisée à environ 20 milliards de dollars. Thrive Eternal, une société d'investissement fondée par Joshua Kushner, a été identifiée comme un investisseur de référence potentiel.
Infantino a défendu cette proposition comme un moyen de générer davantage de revenus pour le développement du football et d’offrir un soutien financier accru aux associations membres de la FIFA. Cependant, les critiques estiment que cette décision pourrait permettre à des investisseurs privés d’acquérir une influence sur la Coupe du monde, l’un des événements sportifs les plus importants au monde.
La proposition a rapidement créé des divisions parmi les instances dirigeantes du football. L'UEFA a tenu des discussions d'urgence et s'est fermement opposée au projet, avertissant que la Coupe du monde ne devrait pas être placée sous l'influence d'une propriété privée.
D'autres confédérations, notamment la CONCACAF et la Confédération asiatique de football, ont également exprimé leurs préoccupations, accentuant la pression sur la direction de la FIFA.
Le cercle rapproché d'Infantino commence à se désagréger
La plus grande menace pour l'autorité d'Infantino est venue de l'intérieur même de la FIFA, des hauts responsables prenant leurs distances avec le président.
Carlos Cordeiro, ancien président de la Fédération américaine de football et conseiller principal d'Infantino, est devenu l'une des premières grandes figures à se retirer. Il a critiqué la proposition, s'interrogeant sur la raison pour laquelle la FIFA aurait besoin d'investissements extérieurs alors que l'organisation dispose déjà de réserves financières importantes.
Kevin Lamour, directeur général de la FIFA et associé de longue date d'Infantino, a formulé une critique encore plus sévère. Lamour a affirmé que le personnel, les responsables, les confédérations et les autres parties prenantes de la FIFA n'avaient pas été correctement informés du projet.
Il a soutenu que la controverse reflétait des préoccupations plus larges concernant la transparence, la prise de décision et la gouvernance au sein de l'organisation.
Cette critique a également attiré l'attention au-delà du football. Des personnalités politiques ont appelé Infantino à reconsidérer sa position, tandis que la controverse s'ajoute aux précédents différends impliquant la direction de la FIFA.
Le président a déjà fait face à des critiques concernant des accusations selon lesquelles il se serait impliqué dans des affaires politiques, ainsi que pour des décisions liées à la Coupe du monde 2026.
Malgré la pression croissante, Infantino n'a pas démissionné et n'a donné aucun signe indiquant qu'il prévoit de quitter la FIFA. Cependant, des rapports suggèrent que le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, autrefois considéré comme l'un des plus proches alliés d'Infantino, s'est de plus en plus éloigné du président au milieu de la crise.
Les spéculations se sont intensifiées quant à un possible rôle de Grafström dans une éventuelle contestation de la direction, bien qu'aucune démarche officielle n'ait été annoncée. L'orientation future de la FIFA pourrait dépendre de la capacité d'Infantino à regagner le soutien des associations membres et des hauts responsables.
Pendant des années, Infantino a semblé avoir un contrôle ferme sur la FIFA, mais ce dernier différend a révélé des divisions importantes au sein de l'organisation.
Alors que ses anciens alliés remettent en question son leadership et que les instances du football s'opposent à ses propositions, les mois à venir pourraient représenter la période la plus difficile de sa présidence jusqu'à présent.